Propos du président de l’AED : « Un nouveau jalon du dialogue entre catholiques et orthodoxes »

À la date du deuxième anniversaire (le 12 février) de l’entrevue historique entre le pape François et le patriarche Cyrille de Moscou, le cardinal Kurt Koch, président du conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et Hilarion, métropolite de Volokolamsk et président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, se sont rencontrés à Vienne. La fondation pontificale L’Aide à l’Église en détresse, qui s’engage déjà depuis 25 ans en faveur du dialogue entre les Églises catholique et orthodoxe russe, était représentée par une délégation et a présenté une brochure sur l’ampleur des dégâts et les victimes parmi les chrétiens en Syrie, produite dans le cadre d’une coopération entre catholiques et orthodoxes.

Vienne, 14/02/2018 – Le baron Johannes von Heereman, président exécutif de la fondation pontificale L’Aide à l’Église en détresse (AED), a désigné la rencontre entre Leurs Éminences le cardinal Kurt Koch, président du conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et Hilarion, métropolite de Volokolamsk et président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, comme un nouveau jalon du dialogue entre les Églises catholique romaine et orthodoxe russe. Cette rencontre s’est déroulée à l’occasion du deuxième anniversaire de l’entrevue historique entre Leurs Saintetés le pape François et le patriarche Cyrille de Moscou. Une délégation représentait l’AED lors de la conférence à Vienne. Le thème principal portait sur la situation des chrétiens au Proche-Orient et sur la réponse commune des Églises catholique et orthodoxe à la persécution des chrétiens dans cette région et en d’autres endroits du monde.

Depuis plus de 25 ans, l’AED s’engage en faveur du dialogue entre les Églises catholique et orthodoxe russe. Johannes von Heereman estime que « Pour nous, cet anniversaire ne constitue pas une fête à l’occasion d’un événement historique, mais une étape sur la voie d’un avenir commun. Il s’est montré très impressionné par le métropolite Hilarion et le cardinal Koch, qui ont exposé que de nos jours, les chrétiens ne sont pas persécutés parce qu‘ils appartiennent à une certaine confession, « mais simplement parce qu’ils sont chrétiens. Dans cette souffrance commune, les Églises ne sont pas séparées. » Son Éminence le cardinal Koch a souligné que l’unité de l’Église était déjà réalisée à travers les saints. Le cardinal a évoqué « le phénomène alarmant » des chrétiens qui quittent le Proche-Orient. C’est pourquoi il est indispensable d’aider les chrétiens à rester dans leur patrie.

Aider les chrétiens à rester dans leur patrie

« C’est aussi un sujet auquel l’AED accorde une grande importance », a déclaré Johannes von Heereman. Dans son discours, le cardinal a souligné le soutien de l’AED au Proche-Orient : entre 2011 et 2017, les aides de l’AED en Irak s’élevaient à 35,7 millions d’euros, en Syrie à plus de 21 millions d’euros au total. Le métropolite Hilarion a rappelé qu’au cours du siècle dernier, l’Église orthodoxe russe a elle-même été victime de la persécution et voulait aujourd’hui, en coopération avec l’Église catholique, venir en aide aux chrétiens persécutés. Le métropolite considère la persécution des chrétiens comme « le défi majeur » auquel les Églises de notre temps doivent faire face.

Le métropolite Hilarion a fait l’éloge de la coopération efficace entre les deux Églises dans ce domaine. Cette coopération a contribué à la thématisation médiatique d’une intensité sans précédent de la persécution chrétienne, et à ce que, pour la première fois, le terme de « génocide » ait été utilisé lors de l’entrevue entre le pape et le patriarche pour désigner ce que subissent les chrétiens du Proche-Orient.

Cette conférence a également été l’occasion de présenter de nouvelles voies dans lesquelles s’engage l’AED en coopération avec l’Église orthodoxe russe. La déclaration commune signée il y a deux ans par Leurs Saintetés le pape François et le patriarche Cyrille a inspiré la fondation d’un groupe de travail composé de délégués des Églises catholique et orthodoxe russe et d’experts de l’œuvre internationale de bienfaisance catholique AED. Ce groupe de travail œcuménique s’est maintenant manifesté pour la première fois officiellement à Vienne.

« Cette coopération concerne d’une part l’aide aux chrétiens du Proche-Orient, et d’autre part l’engagement en faveur des valeurs chrétiennes communes, en particulier la protection de la vie humaine et de la famille chrétienne traditionnelle – en l’occurrence, deux problèmes aigus et actuels », a dit Peter Humeniuk, responsable de la Russie auprès de l’AED. Les deux Églises sont d’accord sur ces points : « De nombreuses initiatives témoignent de la fertilité de cette activité. » Le président de l’AED Johannes von Heereman a maintenant présenté le travail de ce groupe œcuménique et évoqué « un signe plein d’espoir d’intensification et de stabilisation de la coopération. »

Lors de la rencontre à Vienne, un autre résultat de cette coopération consistait en une brochure éditée par l’AED. Elle illustre d’une part l’aide apportée par l’AED en Syrie, et fournit un premier aperçu des églises détruites en Syrie durant la guerre. Le cardinal Koch et le métropolite Hilarion ont chacun rédigé une préface à cette publication et en ont remercié l’AED. Toutes les Églises locales ont contribué à établir cette documentation. Par ailleurs, la brochure recense également le nombre de chrétiens enlevés ou tués et celui des habitations détruites ayant appartenu à des particuliers chrétiens. Selon Johannes von Heereman, président exécutif de l’AED, cette démarche est particulière parce qu’elle constitue « un résultat de la coopération entre catholiques, orthodoxes et l’AED. L’œcuménisme des martyrs s’incarne dans le souci commun de l’avenir du christianisme au Proche-Orient. »

Cette brochure fait partie d’une étude à grande échelle qui documente les dommages de guerre causés en Syrie sur les édifices religieux de toutes les confessions locales. Cette documentation continuera à être complétée, afin de préparer la reconstruction.